2010 - L'Autriche

Krimml (les cascades)


L'époque paléolithique

Dès l’époque paléolithique (jusqu’à environ 8 000 ans avant J.-C.), le territoire de l’Autriche actuelle, la vallée fertile du Danube et les vallées des Alpes, est peuplé. À l’époque des Celtes (800 à 400 ans avant J.-C.) naît un premier royaume, la Norique, dont les agglomérations prospèrent notamment grâce à la production et au commerce du sel. Des trouvailles archéologiques à Hallstatt, dont le musée propose un voyage dans le passé, donnent son nom à cette époque : la période de Hallstatt.

Vers le début de notre ère, les Romains conquièrent la majorité du territoire et construisent des villes et des routes. La plus importante agglomération romaine en Autriche, Carnuntum (capitale de la province romaine de Haute Pannonie, située dans l’actuelle Basse-Autriche), est florissante et devient même cité impériale. Le site est aujourd’hui un imposant parc archéologique, avec musée et amphithéâtre.

 

De Ostarrichi à Autriche

Avec le début de la migration des peuples, l’influence romaine dans les pays danubiens s’efface. À partir du VIe siècle, les Bavarois colonisent le pays. Afin de mettre le holà à l’avancée des Slaves et des Avars venant de l’est, le souverain franc Charlemagne crée vers 800 après J.-C. une marche frontalière sur le territoire de l’actuelle Basse-Autriche.

Au Xe siècle, la marche à l’est de l’Enns, qui dépend du duc de Bavière, passe à Léopold de Babenberg comme premier margrave héréditaire. C’est à cette époque que le nom « Ostarrichi », qui deviendra plus tard « Österreich », apparaît pour la première fois dans un document. Les Babenberg établissent tout d’abord leur résidence à Pöchlarn, puis à Melk dans la délicieuse vallée danubienne de la Wachau. Le pays est colonisé, des abbayes sont fondées (par exemple Klosterneuburg). Dans la deuxième moitié du XIIe siècle, l’Autriche devient duché sous Henri II, dit Jasomirgott, qui établit sa résidence à Vienne.

 

Les Habsbourg

Le roi Rodolphe Ier prend le pouvoir au XIIIe siècle – c’est le premier souverain de la maison de Habsbourg, qui dirigera dès lors pendant presque 650 ans le destin du pays. Le centre de l’empire est la Hofburg à Vienne, dont les divers musées (Trésor impérial, Musée Sisi) témoignent aujourd’hui de la vie et de l’action de la dynastie. Sous les Habsbourg, le pays va s’affirmer comme grande puissance, et devient un empire en 1452 sous Frédéric III. Grâce à une politique matrimoniale judicieuse, les Habsbourg s’assurent au XVe siècle une influence sur la France, et deviennent même rois d’Espagne et de ses toutes nouvelles colonies d’outre-mer.

Le grand défi du XVIe siècle est l’avancée des Turcs venant de l’est. En 1529, une armée ottomane assiège Vienne, mais sans succès. Les envahisseurs se retirent, mais au cours du siècle et demi qui suit, la menace reste aiguë. En 1683, les Turcs sont à nouveau aux portes de la ville. Cette fois encore, ils sont repoussés, et par la suite refoulés jusque derrière Belgrade par des généraux tels que le prince Eugène de Savoie.

 

Qui était le prince Eugène ?

Le noble chevalier

Le prince Eugène de Savoie était un important général autrichien, homme d'État, diplomate et mécène des arts et des sciences. Il a combattu avec succès pour les Habsbourg lors de la grande guerre turque (1683-1699), lors de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) et lors de la guerre vénéto-austro-ottomane (1714-1718). Né à Paris en 1663, neveu d'un cardinal, il meurt à Vienne en 1736. Il a construit, acquis ou reconstruit notamment à Vienne son Palais d'hiver, son Palais dans la rue Himmelpfortgasse et le palais du Belvédère. Sa collection de livres « Eugeniana » remplit encore aujourd'hui la salle d'état de la Bibliothèque nationale autrichienne.

 

L’époque baroque

L'élimination du danger turc donne le coup d’envoi à un essor sans précédent de l’art et de la culture. De somptueux édifices tels que le remarquable château de Schönbrunn (aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel mondial) ou la cathédrale de Salzbourg sont construits, les architectes Johann Fischer von Erlach, Lukas von Hildebrandt et Jakob Prandtauer ainsi que les artistes Daniel Gran, Paul Troger et Franz Anton Maulbertsch créent des œuvres exceptionnelles. Sous le règne de l’impératrice Marie-Thérèse (1717-1780), de profondes réformes sont amorcées dans tous les domaines de l’Etat, poursuivies ensuite par son fils, l’empereur Joseph II (1741-1790), un monarque éclairé et libéral.

 

La révolution provoque une onde choc au sein des maisons souveraines d’Europe. L’empereur François Ier d’Autriche et son chancelier Metternich y répondent par une restriction des libertés publiques et par la censure. La bourgeoisie se replie sur elle-même : c’est le début de la période Biedermeier. On se réunit entre amis dans les salons et on cultive les arts. Des peintres comme Ferdinand Georg Waldmüller et Friedrich Gauermann, des compositeurs comme Franz Schubert et des poètes comme Adalbert Stifter, Ferdinand Raimund ou Franz Grillparzer font parler d’eux. En savoir plus sur l'Art Nouveau à Vienne

À la fin de cette époque, une nouvelle révolution voit le jour : en 1848, la bourgeoisie renverse Ferdinand Ier et l’empereur François-Joseph Ier reprend les rennes du pays. Avec son épouse Élisabeth, la légendaire « Sissi », il marque profondément l’image de l’empire autrichien. En ordonnant la construction d’édifices somptueux, il fait de Vienne, sa ville de résidence, l’une des métropoles les plus importantes d’Europe centrale, le centre d’un immense État multinational, qui comprend alors la Hongrie, l’Italie du Nord et s’étend loin au sud de l’Europe.

En ce temps-là, le roi de la valse Johann Strauss fête son triomphe dans le monde entier. De son côté, Sigmund Freud développe la psychanalyse. Et dans les années 1900, l’Art nouveau viennois fait émerger des œuvres uniques en leur genre. Des peintres comme Gustav Klimt et Egon Schiele s’imposent par leur talent, de même que des architectes tels qu’Otto Wagner et Adolf Loos. Une promenade sur la Ringstrasse à Vienne, une visite du musée de Sissi ou de Sigmund Freud et de la Galerie autrichienne au palais du Belvédère offrent une vue d’ensemble de cette incroyable époque.

Le saviez-vous ?

La journée de travail de l'empereur François-Joseph commençait très tôt. Son valet le réveillait à 3h30 du matin.

Marie-Thérèse n'a jamais été couronnée impératrice. Elle a pris la place de son mari, l'empereur François Ier Étienne de Lorraine, et a dirigé le gouvernement.