Cap Corse Est - 2

Brando

Sa proximité avec la capitale administrative de la Haute-Corse (8 km) en fait un atout décisif.

L’histoire de Brando est d’abord celle de son site occupé dès la préhistoire.

Au début du Moyen Âge, alors que la Corse est sous autorité du pape puis de la République de Pise, de puissants seigneurs se divisent le territoire du Cap Corse en fiefs. A la fin du XIe siècle, la famille génoise des Avogari-Gentile se taille une seigneurie dans la moitié sud du Cap Corse, couvrant les communes actuelles de Brando, Olcani, Olmeta, Ogliastru et Nonza. Ils assurent ainsi une certaine sécurité à la population placée sous leur coupe. Le fief de Brando devient l’un des plus importants du Cap.

Des châteaux fortifiés sont construits à Castellu, à Erbalunga, ainsi que sur les hauteurs de Lavasina. Au XIIe siècle, le village se développe autour de ses places fortes et la population s’accroît. Les activités économiques reprennent (élevage caprin, viticulture, oléiculture, artisanat) et le commerce maritime avec l’Italie se développe, faisant d’Erbalunga, jusqu’au XVIe siècle, le premier port de l’île.

Après la proclamation, en 1729, de la Corse indépendante, le Cap Corse demeure la dernière terre pro-génoise et ne se rallie au mouvement paoliste qu’à partir des années 1760. En 1764, les Génois incendient le village de Purettu, dans leur fuite face à Pascal Paoli. Ce dernier s’empare de Brando la même année. Après la défaite de Paoli (1768), Brando rejoint le giron de la monarchie française.

Peu à peu, le port d’Erbalunga périclite. Le commerce maritime y est de moins en moins florissant, notamment après l’apparition de la navigation à vapeur. L’agriculture demeure encore très active sur la commune au début du XIXe siècle jusqu’à l’anéantissement de la vigne par le phylloxera. La récession économique, doublée d’une forte poussée démographique, entraîne une forte émigration vers le continent et l’empire français ainsi que vers l’Amérique du Sud (essentiellement Porto Rico et Vénézuela).

Autrefois, l’industrie de la « glace à rafraîchir » faisait aussi recette. Les célèbres glacières de Brando étaient de petites constructions rondes de pierre sèche bâties dans la montagne. En hiver, on les remplissait de neige tassée et elles étaient ensuite hermétiquement isolées de la chaleur, si bien que la neige se changeait en glace. Cette glace était progressivement taillée en morceaux et descendue au fur et à mesure à Erbalunga pour y être vendue, durant l’été. Pour la conserver le temps de la vente, la glace était stockée dans une grotte au lieu-dit Marmuraghja.

Aujourd’hui, la commune est célèbre pour ses « pierres de Brando », qui servent au dallage et au pavage dans le monde entier. Le site de Petre-Scritte à Mausoleu, compte plusieurs carrières de cipolin dont certaines sont encore en activité. Au hameau de Pozzu se trouvent également les carrières de Torre et de Sainte-Lucie (lauzes).

Plage de Pietracorbara

Jouissant d'une position remarquable, Oveglia est une importante fortification dont il subsiste encore les murs arasés du donjon (d'une superficie d'environ 35 m²). Comme dans bien d'autres communes du Cap Corse et du reste de l'île, le XVIe siècle est caractérisé par la construction de nombreuses tours ou maisons fortes. Cagnano en comptait au moins huit, dont six sont toujours visibles. Fondé en contrebas du château d'Oveglia dont il reprend le nom, le couvent des Capucins, agrandi en plusieurs campagnes de travaux, a marqué de façon considérable l'histoire et le patrimoine de la commune. Des objets mobiliers, d'une grande qualité artistique, sont réalisés par les religieux eux-mêmes, experts en ébénisterie, dont certains sont natifs de la commune. Dès le milieu du XVIe et jusqu'au XIXe siècle, de nombreux cagnanais émigrent vers les "Amériques" (Argentine, Etats-Unis, Venezuela, Porto Rico). Certaines de ces familles, de retour au village, construisent ou agrandissent leur maison familiale et font bâtir des tombeaux, dont quelques-uns remarquables. A la fin du XVIe siècle, Cagnano compte environ 80 foyers pour une population de plus de 400 habitants. Puis, sa démographie augmente progressivement avec 545 habitants en 1646 ; 600 vers 1770 ; 673 en 1818 ; 870 en 1846. Elle atteint son apogée à la fin du XIXe siècle avec près de 1000 habitants. Le XXe siècle se caractérise par un déclin important et persistant de sa population, aujourd'hui fixée autour de 200 habitants.

Description

Cagnano est l'une des dix-huit communes constituant le Cap Corse historique actuellement regroupées au sein de la Communauté de Communes du Cap Corse. Elle s'étend sur une grande vallée largement ouverte sur la mer Tyrrhénienne. Son territoire couvre une superficie de 1500 ha, limitée au Nord et à l'Ouest par la commune de Luri et au Sud par la commune de Pietracorbara. Cagnano est dominée à l'Ouest par le Monte Alticcione, d'une altitude dépassant les 1100 m. Cette commune est composée des hameaux de Carbonacce, Adamo, Terre Rosse, Piazze, Ortali, Suare, Ghilloni Soprano, Ghilloni Sottano et la marine de Porticciolo. Une liste des vassaux de Cagnano, établie en 1524, nous indique l'existence d'autres localités habitées, aujourd'hui disparues : Querceto, sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale San Fruttuoso ; Prunicie, entre Terre Rosse et Adamo ; Buscareccie, proche de Carbonacce. La culture de la vigne est la principale activité économique de Cagnano pendant des siècles. Essentiellement plantée à faible altitude dans le bas de la vallée, sur des terrains peu accidentés, le raisin était pressé sur place ou à proximité, dans des édifices spécialement construits à cet effet, dont certains constituent de véritables petits villages d'une dizaine de constructions, disposées en enfilades.

Il semble de plus que les constructions d'un même groupement appartenaient à des individus issus d'un même village, qui se déplaçaient donc ensemble au moment des vendanges, nouvelle preuve de pratiques communautaires solidement ancrées au sein de la société insulaire. Cagnano était également un gros producteur de myrte. Du XVIe au XVIIIe siècle au moins, la plante recueillie sur place était chargée sur des embarcations et transportée à Bastia et vers le continent, pour l'usage des tanneries dans le traitement du cuir. On cultivait aussi le mûrier, dont les feuilles permettaient d'élever des vers à soie qui étaient exportés, notamment vers Bastia. Sur les hauteurs de la commune, on voit toujours les vestiges de nombreuses charbonnières, qui ont donné son nom au village voisin de Carbonacce. Porticciolo est l'indispensable débouché maritime de toutes ces activités économiques. Il compte à la fin du XVIIIe siècle et durant les trois premiers quarts du XIXe siècle, un important chantier naval, sans doute le plus grand du Cap Corse et l'un des principaux de l'île.